Réflexions

Univers et vertige

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Monkey head nebula, prise par Hubble

Je ne saurais dire exactement quand j’ai commencé à avoir la tête dans les étoiles, mes souvenirs d’enfance sont assez épars à ce sujet. Je me souviens avoir observé la lune depuis la voiture, alors que j’avais cessé de croire qu’elle nous suivait. J’ai passé de longues minutes avec mes parents à regarder la comète Hale-Bopp en 1997, sans outil, mais j’étais déjà émerveillée par ce que je voyais. J’ai été déçue que les nuages gâche l’éclipse solaire de 1999. J’ai parcouru un nombre incalculable de fois les pages sur notre univers dans une encyclopédie, apprenant dès l’âge de 10 ans des mots comme Big Bang, trous noirs, photons… Je lisais des chiffres insaisissables pour l’esprit humain : 150 millions de kilomètres, 13 milliards d’années. Je ne me les représente toujours pas adulte et c’est normal. A l’époque, je ressentais déjà un vertige émerveillé.

Puis on m’a dit que je n’étais pas faite pour les sciences, je me suis détournée quelques années de l’espace, mais de temps à autre, mon intérêt ressurgissait par bribe. Puis grâce à Youtube notamment, j’ai pu me replonger dedans. Et un jour, alors que je regardais le documentaire Cosmos, le vertige.

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Le « Pale blue dot », le nom donné par Carl Sagan à cette photo prise par Voyager 1 en 1990 à 6,4 milliards de kilomètres de la Terre. Et ce point bleu, c’est notre planète, perdue dans l’immensité de l’espace. Comment ne pas avoir le vertige quand on réalise que l’humanité toute entière s’est tenue et se tient sur ce petit point, perdu au milieu de l’image. Comme je ne vais pas passer cet article à paraphraser Carl Sagan, je vous invite à lire le texte qu’il a écrit à ce sujet ici

Vertige, je le ressens lorsque je comprends notre insignifiance. Nous ne sommes déjà minuscules à l’échelle de notre planète, celle-ci n’est qu’un grain de poussière. Mais cette insignifiance n’est pas si grave au fond, la constater me donne envie d’en savoir plus sur notre univers, de découvrir ses merveilles, son histoire et son futur probable. J’aime me frotter à ce vertige, me perdre dans des échelles de temps incommensurables, accepter qu’un jour plus que lointain il n’y aura plus rien, comprendre au mieux de mes capacités cet univers pour qui nous ne sommes rien. Je crois fermement que nous ne sommes pas les seuls, mais je sais aussi que nous n’aurons jamais la preuve d’une autre vie intelligente; les lois de la physique nous l’interdisent. Nous ne nous éloignerons jamais de notre bonne vieille Terre, c’est pourquoi il faut en prendre soin, même si elle continuera sa vie sans nous jusqu’à ce que le Soleil la détruise dans un souffle d’agonie brûlant.

Même si la réalité nous frappe et nous cloue sur notre vaisseau bleu, il n’est pas interdit de nous extasier devant ce que nos instruments ont pu photographier. Mon père me racontait qu’il avait vécu le 1er pas de l’homme sur la lune, j’ai cru que je ne pourrais pas vivre un événement qui m’apporte de telles émotions. Pourtant, je n’ai pu m’empêcher de me sentir émue lorsque cette photo est apparue :

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Elle est floue, on se demande ce que l’on regarde. L’humain a réussi à prendre en photo un trou noir, objet massif absorbant jusqu’à la lumière. On savait qu’ils étaient là, on est enfin parvenu à en photographier un!

Il reste tant de choses à comprendre et pourtant, il nous faut en même temps accepter que nous ne saurons pas tout, c’est impossible. Mais cela ne doit pas nous empêcher de nous émerveiller de ce qu’il y a devant nos yeux ou que les yeux de l’espace nous transmettent. Nul besoin de chercher des explications incongrues pour analyser des phénomènes inexistants. Pourquoi ressentir le besoin de s’accrocher à des idées irrationnelles pour trouver du merveilleux alors qu’il suffit de regarder dans un télescope pour voir la beauté de notre univers, de notre système solaire, ou de parcourir le site d’Hubble. 

Quelques chaînes à suivre :

Balade mentale et notamment leurs vidéos sur notre univers

Florence Porcel (même si elle ne fait plus de vidéo)

Science étonnante (il faut s’accrocher un peu)

Sense of Wonder tenue par un astrophysicien

Et le documentaire Cosmos : une odysée à travers l’univers présenté par Neil deGrasse Tyson, directeur du planétarium Hayden de New-York. Ce documentaire est la suite de Cosmos : a personal voyage, documentaire présenté par Carl Sagan.

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