Jeunesse, Livres

Un si petit oiseau – Marie Pavlenko

Couverture Un si petit oiseau

Résumé de l’éditeur

Après un accident de voiture qui l’a laissée meurtrie, Abigail rentre chez elle. Elle ne voit plus personne. Son corps mutilé bouleverse son quotidien, sa vie d’avant lui est insupportable. Comment se définir quand on a perdu ses repères, qu’on ne sait plus qui on est, que la douleur est toujours embusquée, prête à exploser ? Grâce à l’amour des siens. Grâce aux livres. Grâce à la nature, au rire, aux oiseaux. Avec beaucoup de patience, peu à peu, Abi va réapprendre à vivre.

Mon avis

J’avais beaucoup vu passer Un si petit oiseau sur les réseaux sociaux. J’ai mis quelques temps avant de me décider à la lire, car j’avais été un peu refroidie par la lecture d’un autre livre de Marie Pavlenko Et le désert disparaîtra. Alors est-ce que mon refroidissement a disparu?

Oui, mille fois oui. C’est un livre touchant et émouvant, qui ne fait pas dans le voyeurisme face au handicap d’Abi. On se rend de ses difficultés au quotidien, de ses douleurs, de la vision horrible qu’elle a dorénavant de son corps. Les larmes ont humidifiés mes yeux à plusieurs reprises.

Abi doit apprendre à vivre avec un bout en moins. Nous la suivons dans son cheminement vers l’acceptation. Nous voyons également les conséquences sur son entourage. Entre sa soeur qui se voit mise de côté et sa mère qui ne vit que pour Abi, on est plongé dans ce quotidien chamboulé.

Et puis, il y a Aurèle. Ce semblant de normalité qui entre dans la vie d’Abi au détour d’une rue. Les réactions d’Abi vis-à-vis de lui sont crédibles. Elle le rejette, elle s’inquiète de son manque de nouvelles. Bref, elle ne sait pas tout le temps comment agir face à lui. Il lui fait découvrir un monde d’ornithologie. Il l’aide à avancer sans être envahissant, sans se poser comme un chevalier blanc sauveur de demoiselle en détresse. J’ai beaucoup apprécié leur relation.

J’ai aussi beaucoup aimé le parallèle entre Abi et Blaise Cendrars, qu’elle découvre grâce à de mystérieux paquets. Elle comprend ses douleurs, ses ressentis. Je trouve que cela montre très bien les liens qui peuvent se nouer entre écrivains et lecteurs. Et aussi pourquoi un auteur problématique sur certains nous parle sur d’autres. Cendrars est misogyne, Abi le sait, mais il est surtout capable de mettre des mots sur ce qu’elle ressent. Et en ces temps où on a parfois l’impression de devoir fuir dès qu’un auteur se montre problématique, ce genre de lecture fait du bien.

Au final, un si petit oiseau est un livre juste et émouvant sur le handicap, l’amputation. Un fois commencé, il est impossible à lâcher. Je vous préviens, si vous souhaitez vous y plonger, préparez les mouchoirs.

Retrouvez le livre sur Flammarion jeunesse

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