Livres, Polar

Qui a tué Heidi ? – Marc Voltenauer

Couverture Qui a tué Heidi ?

Résumé de l’éditeur

«Andreas fonçait au volant de sa vieille BMW. Il enchaînait les virages et jouait avec les limites qu’imposait la route sinueuse. Les haut-parleurs diffusaient encore la chanson À quoi je sers. Le refrain lancinant résonnait au fond de lui comme un écho de son état intérieur. » Qu’a-t-il bien pu arriver à l’inspecteur Auer ? Un tueur à gages abat un politicien à l’opéra de Berlin, en plein milieu d’une représentation. Sa prochaine destination : Genève. Et puis, Gryon. Gryon où Andreas Auer, qui vient d’être suspendu par le commandant de police, décide d’aider un ami paysan à la ferme pour sortir de sa déprime. Gryon, ce petit village si paisible. Paisible ? Pas si sûr…

Dans la chambre de sa mère, un homme rumine ses fantasmes les plus fous. Il est prêt à passer à l’acte. Un chassé-croisé infernal se profile, et va tout balayer sur son passage. Andreas et les siens en sortiront-ils indemnes ?

Mon avis

Il est toujours agréable de retrouver Gryon et ses lieux, j’apprécie vraiment de me balader dans le village et ses alpages, même si ce paysage est parsemé de cadavres. Cette fois-ci, on voyage un peu plus en Suisse et je me suis également retrouvée face au paysage familier de Genève. J’aime me balader de temps à autre dans des endroits que je connais lors de ma lecture. C’est aussi assez étrange lors de la lecture d’un polar de pouvoir identifier les lieux où les choses sordides arrivent.

L’histoire est très prenante, Voltenauer a une plume qui sait me tenir en haleine tout en parvenant à brouiller les pistes. On pense tenir un coupable et il suffit d’une phrase pour que toutes nos hypothèses s’effondrent. Ces retournements sont bien calculé, on est frustré, mais on n’a pas l’impression qu’il prend ses lecteurs pour des idiots (pas comme certains auteurs de polar/thriller, je suis sûre que vous savez de qui je parle). Le puzzle que forme l’intrigue s’emboîte parfaitement. Et vous n’êtes pas prêt pour Heidi, je m’en veux d’ailleurs de ne pas y avoir pensé plus tôt alors que tous les indices étaient là.

Auer montre encore son fichu caractère, j’avais l’impression cette fois-ci que c’était le signe précurseur d’une chute. Il a un bon flair, mais on devine que des événements sombres se préparent s’il persiste. C’est un personnage que j’apprécie beaucoup malgré ses défauts et son amour pour les cigares. Je me suis également plus attachée à Karine et Mikaël dans ce volume, la relation entre Auer et ce dernier a fait battre mon petit cœur de glace peu amateur de romance.

J’ai trouvé que la présence des scènes de famille apportait une respiration bienvenue au milieu de toute cette noirceur et ces meurtres; ces scènes étaient bien dosées et je n’ai pu m’empêcher de fondre pour Minus et Lillan. Évidemment, on ne coupe pas aux scènes de nourriture et j’ai toujours faim à chaque fois que je referme le livre.

Passons aux points qui m’ont moins plu. Tout d’abord ces histoires d’hommes qui fantasment sur leur mère me font toujours un peu grincer des dents (merci à la psychanalyse pour tout le mal qu’elle a fait…qu’elle s’est donnée pour insérer des idées aussi sexistes dans l’inconscient collectif). Même si les explications de fin m’ont aidée à revoir mon jugement sur le personnage en question, la vision cruellement étriquée de certains membres de son entourage l’a détruit et l’a empêché d’être qui il était.

Dernier point qui m’a un poil agacée : le tueur fan de rock satanique (même si Manson, c’est plutôt du métal, mais bref) avec sa collection de bestioles terrifiantes et ses goûts douteux de maquillage. Je vous promet, ceux qui écoutent du métal ou du rock gothique ne sont pas tous amateurs de bestioles horribles, ni de maquillages terrifiants. C’est dommage qu’on tombe encore dans ce cliché-là. Mais c’est peut-être parce que ça me touche directement que ça a tendance à m’agacer. Je pourrais digresser tout un paragraphe là-dessus. Alors je vais conclure cette partie là-dessus : Je suis une métalleuse, j’aime les chats, les balades en montagne, les livres, la musique classique aussi. Je ne sacrifie pas de hamster nain à la gloire de Satan lors de la pleine lune. Si je porte un maquillage bizarre, c’est que je suis à un concert, mais pas dans la vie de tous les jours. Ma vie de tous les jours est banale. J’écris actuellement mon article avec du métal dans les oreilles et je n’ai pas encore ressenti l’envie de mettre du noir autour de mes yeux, ni de me transformer en cadavre ambulant avec une tonne de blanc sur le visage.

Mise à part ces deux points, j’ai vraiment apprécié cet ouvrage, cette nouvelle plongée au sein de Gryon. La plume de Voltenauer est toujours aussi efficace, à tel point que j’étais happée dans le livre, ignorante aux supplications de mes pauvres félins royaux affamés, je vous rassure, ils sont allé voir leurs gamelles et ont découvert qu’il y avait encore à manger. Il me faudra attendre encore une semaine pour mettre la main sur le troisième volume (s’il n’est pas emprunté)… ça va être long.

Une des prochaines étapes de ce voyage ne se fera pas avec les livres, mais bien en live avec l’auteur puisque je compte participer à la balade proposée par Gryon tourisme cet été. Je me réjouis d’avance !

 

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *