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Pourquoi la Passe-Miroir m’a dérangée

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La Passe-Miroir, c’est quoi ?

Série fantasy de Christelle Dabos dans laquelle nous suivons l’histoire d’Ophélie, liseuse d’objet vivant sur le monde d’Anima, forcée de se marier à Thorn. Elle quitte son monde pour le suivre, mais son fiancé est aussi froid que le monde sur lequel il habite.

A peine débarquée, elle découvre que les complots règnent en maître. Heureusement, elle peut compter sur son don de passe-miroir pour se sortir des situations difficiles.

Pourquoi sa lecture m’a gênée ? (ça va spoiler)

Par où commencer ? … Je savais dans quoi je mettais les pieds, enfin les yeux lorsque j’ai ouvert le premier tome. J’avoue avoir dévoré les deux premiers, le style d’écriture donnait envie d’en savoir plus sur le monde, les différentes sociétés et les personnages secondaires. Mon cerveau a occulté ce qui me posait problème dans un premier temps. Tout s’est gâté lors de la lecture du volume 3.

Dès le départ, je n’ai jamais apprécié le personnage de Thorn. Au point que je ne comprenais pas pourquoi une relation s’est mise en place entre Ophélie et lui, relation que je n’ai même pas vu venir tellement elle me semblait irréaliste. Bref, Thorn est antipathique et agaçant au plus haut point.

Quant à Ophélie, j’appréciais le fait qu’elle soit ronde, introvertie et maladroite. Je trouvais que cela changeait un peu de ce qu’on nous proposait d’habitude. J’aimais bien cette idée jusqu’à ce que le volume 3 la fasse entrer dans les codes habituelles des héroïnes de roman en la rendant mince… parce qu’elle est triste d’être séparée de Thorn et ne se nourrit plus. Et c’est là que j’ai vraiment commencé à tiquer sur les différents messages que transmettaient cette saga que l’on m’avait sur-vendue. Où l’on m’avait dit que l’héroïne était forte, volontaire, etc. J’ai eu de sérieux doutes là-dessus qui n’ont fait que se confirmer. Ophélie n’est pas une héroïne forte et indépendante, son histoire tourne principalement autour de celle de Thorn, même s’il y a d’autres éléments, le retrouver semble être son but final.

J’ai aussi énormément grincé des dents dans le tome 3 lorsqu’Ophélie craint un personnage dont elle ne parvient pas à identifier le genre avec certitude. Personnage qui finira par lui faire subir un viol mental (scène dont je me serais bien passé, j’étais franchement mal à l’aise en la lisant). Mon grinçage a continué lorsqu’elle finit par excuser Thorn de l’avoir violentée parce qu’il ne contrôlait plus ses pouvoirs. C’est une affirmation que je trouve très dérangeante et dangereuse, qui ressemble beaucoup à ce qu’on peut entendre de personnes dans des relations violentes : « Il ne l’a pas fait exprès, il ne se contrôlait plus ». Et la cerise sur le gâteau, c’est Ophélie qui doit faire des efforts pour ne pas provoquer la perte de contrôle de Thorn…C’est hélas un problème qu’on retrouve dans beaucoup de livres avec des romances, la violence de l’homme est toujours excusable et la femme le supporte par gentillesse, persuadée qu’elle pourra le changer grâce à son amour. Quand je disais qu’Ophélie n’est pas l’héroïne forte et indépendante qu’on m’a vendue…

Puis vient le volume 4, dont je n’attends plus grand chose pour être honnête. Il ne m’a pas fallu 100 pages pour que je songe à l’abandonner à cause d’un sujet tombé comme un cheveux sur la soupe : La maternité d’Ophélie… Celle-ci est stérile, elle l’apprend en début du livre. Mais elle se sent pousser des ailes d’instinct maternel face à des jeunes gens enfermés dans un asile psychiatrique, elle se sent mère à leur côté et grâce à cela décide de les sauver. Je suis agacée par cette représentation, ce sous-entendu qu’il faut être mère et maternelle pour ressentir de l’empathie. Scoop : pas besoin de se sentir mère pour vouloir aider les autres, ni de vouloir avoir des enfants.

Viennent ensuite les explications du pourquoi et du comment du monde de l’ouvrage. Honnêtement, je crois que je trouve la physique quantique plus claire que ce qui est écrit. Bon, c’est de la mauvaise fois, je le reconnais, parce que je voulais juste savoir la fin et poser ce livre le plus vite possible. Autant dire que la fin ne m’a pas spécialement plu et que j’ai levé les yeux au ciel à la dernière page.

Mon désamour de cette œuvre est dû à cette désagréable impression que l’auteure a fini, consciemment ou non, par cocher toutes les cases clichés de la littérature fantasy ado-young adulte. C’est bien dommage, parce que je trouve que son monde est intéressant, même si sur la fin, j’ai eu l’impression qu’elle se perdait dans ses explications. J’ai retrouvé un problème récurrent dans ce type d’œuvre : les personnages secondaires sont bien plus intéressants que les principaux. Elle aurait pu sortir de quelques sentiers battues, éviter de tomber dans certains clichés. Je me demande si elle a voulu plaire à tout prix à ses fans, quitte à perdre l’histoire qu’elle avait créée pour en écrire une plus conventionnelle.

Voilà, j’ai mis les mots sur la déception qu’a été la Passe-Miroir. Un livre qu’on m’a vendu comme génial et qui finalement suit le sentier habituel. Un jour peut-être, je finirai par trouver un livre fantasy ado-young adult différent des autres, mais ce n’était pas celui-ci.

 

4 réflexions au sujet de “Pourquoi la Passe-Miroir m’a dérangée”

  1. J’en ai entendu beaucoup de bien aussi mais, n’étant pas fan de fantasy, je n’avais pas encore sauté le pas. Avec ce que tu en dis, ça ne me motive plus beaucoup.
    Il y a certaines choses que je n’ai plus envie de lire parce que ce sont des messages que je trouve dangereux et je pense que cette saga entre pile dedans

  2. Ah mais merci!! J’avais un peu déclenché une série de gros rants sur Rockie quand j’avais parlé du bouquin dans le topic lectures du moment, et que j’avais dit que le premier tome m’avais soûlée grave. J’ai confirmation que ça sert à rien de continuer.

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