Jeunesse, Livres

L’année après toi – Nina de Pass

Résumé de l’éditeur

San Francisco, le soir du nouvel an. Cara survit miraculeusement à un tragique accident de voiture. Mais sa meilleure amie, Georgina, n’a pas la même chance…
Après cette terrible nuit, Cara est consumée par le chagrin. Ses parents l’envoient alors dans un lycée international en Suisse pour qu’elle puisse se reconstruire. Au coeur des montagnes, l’ancienne vie de Cara semble bien loin derrière elle. Pourtant, Georgina et la culpabilité restent présentes à chaque instant.

Ici, personne ne connaît l’histoire de Cara et elle compte bien qu’il en soit ainsi. Même si ses nouveaux amis Ren et Hector font tout pour la soutenir et l’aider à avancer. Surtout Hector, qui semble étrangement comprendre le deuil comme personne…

Cara sait pertinemment qu’il faut laisser le passé derrière soi et s’ouvrir aux autres pour que la vie puisse enfin continuer. Saura-t-elle accepter qu’elle mérite une deuxième chance ?

Mon avis

Ce livre est l’exemple parfait de ce que je n’aime pas dans la plupart des romans young adult : tout n’est qu’un prétexte. Ici, la mort de la meilleure amie, le lycée en Suisse, les amis ne sont qu’un prétexte pour une histoire d’amour entre deux adolescents torturés. Rien n’est sincère dans l’écriture, on sent que dès le départ l’autrice va amener Cara et Hector à former un couple, le reste n’est que garniture.

Déjà, en tant que Suissesse, je me suis demandée si la romancière avait pris la peine de se renseigner sur mon pays. M’est avis que non…ah si elle a fait une recherche Google sur de la nourriture typique de la région et elle a pu caser vin cuit dans son roman. Bravo! Entre l’école privée posée sur un versant de montagne reliée à la ville par un téléphérique qui fonctionne de 20h à 22h et la ligne de bus dans les Alpes vaudoises qui mène directement à l’aéroport en moins de temps que la ligne de train qui met 5 heures (au lieu de une heure trente dans la réalité, merci les CFF), on voit qu’elle n’a pas pris le temps de se renseigner. Je la soupçonne d’avoir voulu s’inspirer de l’école de Glion, mais elle s’est contentée de regarder une image. Franchement, elle aurait pu poser son école en Norvège ou au fin fond du Bhoutan, c’était tellement plat dans ses descriptions que ça n’aurait rien changé, on n’a pas l’impression d’être en Suisse.

On nous vend une histoire d’amitié, mais c’est loin d’être le cas. Hector prend tellement de place que je me suis parfois demandée si l’autrice n’avait pas oublié ses autres personnages. Ouf, de temps en temps, elle se rappelle d’eux. Au passage, on coche la case LGBT+ avec Ren qui est gay, visiblement le mot lesbienne n’existant pas de le vocabulaire du roman (mais il me semble qu’il y a quelques débats là-dessus). Fred est tellement inexistant sauf pour être une épine dans le pied que je ne sais même pas quoi dire sur lui. Hector est le cliché du garçon ténébreux qui souffre atrocement, justifiant au passage qu’il se comporte comme un parfait connard. Cara… au vu de son vécu, son comportement me paraissait normal. L’auto-flagellation due à la culpabilité était compréhensible.

Aucune surprise, aucun retournement, rien. Ce livre est vide. Là où Les optimistes meurent en premier proposait une évocation du deuil réaliste et touchante, cet ouvrage n’y arrive pas. Même la relation entre Cara et G. n’avait pas de corps, pas de réalisme malgré les tentatives pour la rendre vivante. C’est un roman YA parmi tant d’autres, sans compte que j’ai repéré plusieurs fautes tout au long du livre.

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