Réflexions

La vie avec une dépression n°3 : ses effets secondaires

Photo de Keenan Constance sur Pexels.com

NDLR : Je ne fais que raconter mon vécu avec cette maladie qu’est la dépression, ce n’est pas une parole d’évangile

La dépression: pas un simple coup de mou

De la dépression, les gens qui ne la côtoient pas connaissent généralement le manque de motivation, la tristesse, etc. Mais cette maladie a impliqué d’autres effets dans mon cas, certains perdurent encore.

Perte de mémoire

Ce qui m’a le plus « surprise » dans les effets secondaires, c’était la perte de mémoire. Auparavant, j’étais un agenda sur pattes, je n’oubliais pas les dates ou les choses importantes à faire; j’avais ma liste de tâches dans ma tête. Petit à petit, mon cerveau n’a plus été capable de retenir ce genre d’information, il m’a fallu du temps pour reconnaître que, oui, ma mémoire me faisait défaut. Ça a été dur d’accepter d’avoir un agenda avec des rappels pour les rendez-vous, une liste de tâches écrites, etc. Évidemment, ça m’a mis un coup au moral monstrueux, parce que mine de rien, j’étais fière de pouvoir me souvenir de choses sans aide. Maintenant, j’ai mes petits rappels sur mon téléphone et je sais que ma mémoire ne sera plus pareille, de là à dire que je l’accepte…

Concentration foireuse

Et avec la perte de mémoire est arrivée l’absence totale de concentration. Concentration qui n’a jamais été très glorieuse auparavant, mais lors des phases basses, c’est une catastrophe. Je ne peux pas me concentrer sur une discussion, des lectures. Je vous laisse imaginer à quel point les journées de cours étaient difficiles pour moi dans ces moments-là. J’étais une grande lectrice auparavant, je lisais plusieurs livres par semaine et quand j’étais plongée dedans, c’était difficile de me faire décrocher de ma lecture…

Puis je n’ai quasi plus lu pendant une année, impossible de me concentrer sur un texte malgré les synopsis qui me tentaient et la pile de livres prometteurs qui m’attendait. Je n’avais plus la force, plus la motivation pour lire. Ce qui était assez terrible sachant que je travaille dans les livres. Parfois, je tentais de lire, mais au bout de trois phrases, j’oubliais ce qui s’était passé. Si je me forçais, ça m’épuisait littéralement au bout de quelques pages.

La fatigue collante et abrutissante

A vrai dire, tout me fatiguait, beaucoup de choses me fatiguent encore aujourd’hui. Quelques heures de travail, un peu de ménage, une balade me mettent sur les rotules. J’ai l’impression que tout me demande une énergie folle alors que c’est simplement mes propres réserves d’énergie qui sont basses. Au moins, je ne dors plus entre 14 et 16 heures par jour, même si actuellement, je suis obligée de faire une sieste certains jours. Parfois, j’ai l’impression qu’une partie de ma vie est en suspens entre mes moments d’épuisement.

Forcément, quand je suis fatiguée, c’est là où ma concentration et ma mémoire me font le plus défaut. Je perds mes mots, je m’embrouille dans mes phrases, j’oublie certaines tâches alors que je les faisais sans souci quelques minutes auparavant. Je tourne au ralentis dans un monde qui ne permet pas de pause, je pensais naïvement que le Covid allait nous apprendre à diminuer le rythme, mais visiblement non.

Les autres effets de la dépression

Il y aurait sans doute encore des effets à détailler, je pense notamment à l’alternance « émotions anesthésiées vs émotions à fleur de peau », mais cet article est déjà assez long comme ça à mon humble avis. Si ça vous intéresse, je peux écrire une suite sur ce sujet.

Prenez soin de vous !

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