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La nuit des béguines – Aline Kiner

Couverture du livre La nuit des béguines d'Aline Kiner

Résumé de La nuit des béguines

Paris, 1310, quartier du Marais. Au grand béguinage royal, elles sont des centaines de femmes à vivre, étudier ou travailler comme bon leur semble. Refusant le mariage comme le cloître, libérées de l’autorité des hommes, les béguines forment une communauté inclassable, mi-religieuse, mi-laïque. La vieille Ysabel, qui connaît tous les secrets des plantes et des âmes, veille sur les lieux. Mais l’arrivée d’une jeune inconnue trouble leur quiétude. Mutique, rebelle, Maheut la Rousse fuit des noces imposées et la traque d’un inquiétant franciscain … Alors que le spectre de l’hérésie hante le royaume, qu’on s’acharne contre les Templiers et qu’en place de Grève on brûle l’une des leurs pour un manuscrit interdit, les béguines de Paris vont devoir se battre. Pour protéger Maheut, mais aussi leur indépendance et leur liberté.

Mon avis

J’avoue que je n’aurais sans doute jamais lu ce roman si le club lecture des belettes ne l’avait pas proposé pour la lecture commune du mois d’août sur le thème de la sororité. Encore une fois, sortir de sa zone de confort révèle de belles surprises.

Sororité et féminisme au Moyen-Âge

Oui, oui, vous avez bien lu. Alors oui, au début, j’étais un peu sceptique quand j’ai lu le résumé. J’avais peur de tomber sur un xième roman qui vante le retour à la nature, au fait d’écouter nos pouvoirs du féminin sacré ou autre charlataneries dans ce genre. Que nenni!

Les béguines ont bel et bien existé, j’ai adoré me plonger dans leur univers avant-gardiste et progressiste. L’autrice a fait un véritable travail de recherche historique, comme on le voit avec la bibliographie à la fin.

Aline Kiner parvient également à éviter de nous montrer une sororité gluante et niaise qui n’aurait pas été crédible en 1310. Certes, ces femmes vivent dans la même communauté, mais elles ne sont pas exemptes de la mentalité religieuse qui a court à cette époque. Il arrive que leurs croyances les guident dans des choix que j’ai pu trouver douteux, mais ces événements rendaient les protagonistes tangibles.

Des femmes différentes

Un autre point qui m’a beaucoup plu dans La nuit des béguines est la présence de femmes aux formats différents. Certaines protagonistes sont vieilles, d’autres dans la fleur de la jeunesse. Elles ont toutes d’une manière ou d’une autre subit la mentalité patriarcale qu’impose le Royaume de France et l’Église.

J’admets avoir une préférence pour Ysabel et Maheut. Opposées en âge, la première est la plus vieille, leurs histoires sont pourtant presque semblables. A la différence qu’Ysabel a eu un premier époux respectueux pour les standards de cette période, ce qui est hélas loin d’être le cas pour celui de Maheut. Celle-ci, malgré son intégration au sein des béguines, reste un animal en cage qui supporte mal sa situation. J’ai aussi apprécié que l’autrice ne juge pas le manque d’amour maternel de Maheut, même si les autres personnages peuvent la juger. Elle n’est pas mère, ne sent jamais proche de cette enfant, c’est quelque chose que j’aime lire.

Ysabel m’a touchée dans sa dévotion pour les béguines, prête à les protéger tout en étant consciente du caractère de chacune. Même si elle voit le déclin de sa sororité, elle reste fidèle aux béguines jusqu’au bout.

Conclusion sur La nuit des béguines

Comme je l’ai écrit au début : sortir de sa zone de confort permet parfois de belles découvertes et La nuit des béguines entre dans cette catégorie. Je pense cependant que le fait d’avoir été une grande amatrice des Rois maudits durant mon adolescence m’a permis de rapidement comprendre le contexte historique, puisque je connaissais Philippe le Bel et son acharnement contre les Templiers. Ce qui fait que j’ai adoré voir ce que sa politique impliquait pour le peuple.

Si vous souhaitez un roman historique sur une communauté féminine tout en vous instruisant, je ne peux que vous conseillez La nuit des béguines, dévoré en un jour en ce qui me concerne.

La nuit des béguines chez Liana Levi

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