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Drôle de tendresse – Miriam Toews

Couverture de drôle de tendresse

Résumé de Drôle de tendresse

Agée de seize ans, Nomi Nickel vit seule avec son père Ray et s’obstine à vouloir percer le mystère qui entoure la disparition de Trudie, sa mère, et de Tash, sa sœur aimée. Elle tente aussi d’échapper à l’avenir sombre qui l’attend. une vie de labeur à l’abattoir de poulets situé à l’orée d’East Village, lequel n’a rien à voir avec le quartier branché de New York mais est un bled mennonite paumé au sud de Manitoba et régenté par l’oncle de Nomi, homme à la piété rigide. Alors qu’elle approche de la vérité sur le départ précipité de Trudie, Nomi s’engage sur la voie qui l’opposera à son oncle et à la seule communauté qu’elle ait jamais connue. Avec une verve acidulée, Miriam Toews décrit dans ce roman d’apprentissage drôle et tendre un drame familial et les affres d’une adolescente écartelée entre des valeurs rétrogrades et un désir irrésistible de modernité et de liberté.

Mon avis

Oh mon Dieu, je lis autre chose que de la SFFF ! Bon, je l’ai pris pour des raisons professionnelles afin de pouvoir conseiller un peu mieux les usagers. Donc, ai-je apprécié cette incursion loin de ma zone de confort? Suspens!

Une narration étrange

Les début furent un peu laborieux en ce qui me concerne. Finalement, après avoir compris que Nomi est perdue entre sa vie foireuse et ses échappées dans la drogue, j’ai mieux compris cette narration hasardeuse. Ses pensées filent vers son passé et les événements présents, me déconcertant au départ avant de me permettre de mieux saisir le personnage de Nomi.

Clairement, sa vie est loin d’être enviable. Elle a 16 ans, elle se drogue, sa mère et sa sœur sont parties, sa réussite de scolarité semble plus que compromise. D’ailleurs, elle ne voit que comme destin le travail d’arracheuse de tête de poulets dans l’abattoir de la ville, destin communs à tous les jeunes. Elle semble si résignée qu’elle se contente de flotter dans sa vie, s’éloignant peu à peu de l’emprise de l’Eglise dirigée par son oncle horrible.

On ne trouve que quelques moments de bonheur fugace au milieu de cette misère sectaire et intellectuelle où tout ce qui sort du cadre plus que rigide des mennonites peut conduire à l’excommunication; de devenir un fantôme dans une ville fantoche où des touristes américains viennent se distraire.

Nomi erre tout le long dans Drôle de tendresse, elle erre dans les rues pour admirer les lumières mauves, elle erre dans sa scolarité où elle tente tant bien que mal d’exposer ses idées rebelles, elle erre dans sa vie avec un père aussi errant qu’elle et une partie de sa famille qui a disparu. Pourtant, Nomi se révèle vite attachante et son histoire m’a fait de la peine, d’autant plus qu’elle est vraie. On souhaite simplement qu’elle s’en sorte à la fin du livre.

Conclusion sur Drôle de tendresse

A l’heure où les dérives sectaires se meuvent en pleine lumière (coucou les délires fakemed et new age, on vous voit… et l’anthroposophie aussi), lire ce genre de témoignage est salutaire. Ce genre d’ouvrage permet de voir ce que les victimes en subissent, comment toute idée de penser par soi-même est évincée. Miriam Towes ne cache rien et ce n’est pas tout le temps beau à voir.

Drôle de tendresse est un livre émouvant, touchant que je vous conseille fortement.

Retrouvez Drôle de tendresse chez Buchet Chastel

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