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Chroniques d’une Morteflamme – Entrée 8

Jeu : Dark Souls 3

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Pourquoi ai-je tout de même décidé de déposer ce combat sur papier? Pourquoi me suis-je lancée là-dedans d’ailleurs? L’envie d’un défi? Le besoin de me prouver que je n’avais pas peur ? C’était une idée brave et stupide d’affronter cet arbre géant maudit dans ce cas.

Comme je l’avais soupçonné, le camp des Morts-Vivants possédait des bribes de culte, peut-être apporté par ces évangélistes que j’ai croisés au fil de mon exploration. Il y avait ce groupe qui vénérait un feu et j’en ai découvert un autre qui priait devant un arbre géant. Arbre possédé par je ne sais quel esprit et contre lequel j’ai livré un combat laborieux. Cette chose attaquait dans un chaos de gestes maladroits et imprévisibles. J’avais remarqué que son point faible se situait au niveau des pustules qui parsemaient son corps. Elles éclataient dans un bruit atroce, dispersant un liquide verdâtre dégoutant. Après ma victoire, j’étais couverte de cette matière visqueuse.

André s’est gentiment moqué de moi lorsque je suis revenue au Sanctuaire. Je devais avoir l’air passablement ridicule, le liquide avait commencé à sécher et je me mouvais de façon raide et gauche. Son rire était si communicatif que je n’ai pas été vexée, en plus il m’a donné de quoi nettoyer mon armure afin de lui rendre son brillant. Il a ajouté, non sans humour, qu’il ne connaissait pas de miracle pour l’odeur. Je me suis isolée pour me laver, ainsi que m’occuper de mes armes et mon armures. Yuria s’est approchée de moi, je ne l’ai pas repoussée. Elle a déposé un anneau dans ma main en me disant que si je ressentais le besoin de ne pas exposer ma condition, il m’aiderait à me cacher. Elle s’est éloignée en silence. J’ai beau ne pas lui faire confiance, j’ai quand même mis cet anneau. Mon apparence est redevenue normale, mais ce n’est qu’une illusion. Il suffit que l’on me touche pour sentir le mensonge sous la magie. Pourtant, il m’apporte un certain réconfort, le temps que j’accepte cette situation. Après tout, si la puissance que j’ai gagnée m’aide à mener ma quête à son terme, alors je suis prête à accepter ce sacrifice.

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Chroniques d’une Morteflamme – Entrée 7

Jeu : Dark Souls 3

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Yoel est mort, je l’ai trouvé lorsque je suis allée lui demander des explications. Lors de notre dernière conversation, il a dit quelque chose en rapport avec mon plein potentiel atteint, qu’il ne pouvait plus m’aider à révéler ma force cachée. Son ton bienveillant et satisfait m’avait fait frissonner. Je me suis éclipsée un long moment dans mon refuge : le toit du sanctuaire et je me suis plongée dans mes pensées et mes bribes de souvenirs. Alors que j’étais perdue dans mon passé, j’ai ressenti une sensation étrange dans tout mon corps. J’ai levé mes mains et j’ai retenu un hurlement, persuadée que ces bras squelettiques et décharnés n’étaient pas les miens. J’ai tâté mon visage, observé plus en détail ce corps de…Carcasse que mes yeux voyaient. Ce n’était pas un cauchemar, je devais voir Yoel.

Lorsque je suis redescendue, Yoel gisait sur le sol. J’ai à peine eu le temps de me sentir triste, une silhouette sombre est soudainement apparue à mes côtés. Yuria s’est présentée d’une voix douce, c’était une amie de Yoel, venant aussi de Londor. Puis, elle a eu des paroles étranges. Elle m’a dit que puisque je portais le symbole sombre, j’étais leur Seigneur des Carcasses et que les habitants de Londor, elle comprise, me servaient dorénavant. Je suis partie sans ajouter quoi que ce soit, cette femme est folle. Je ne suis pas un Seigneur, encore moins un Seigneur des Carcasses!

Yoel, qu’est-ce que tu m’as fait?

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Chroniques d’une Morteflamme – Entrée 6

Jeu : Dark Souls 3

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J’ai libéré un prisonnier aujourd’hui. Lors de mes infructueuses expéditions contre les chevaliers de Lothric, j’ai mis la main sur une clé de cellule. Evidemment sur le moment, je ne savais pas quelle porte elle allait ouvrir. Une de mes fuites m’a conduite devant la porte d’une prison, occupée par un être qui semblait avoir toute sa tête contrairement aux Carcasses qui erraient sur les remparts. Par chance, j’avais ce qu’il fallait pour libérer Greirat, c’est son nom. Avec le recul, je ne suis pas certaine que j’ai eu la meilleure des idées, ce n’est que lors que nous sommes arrivés à Lige-Feu qu’il m’a dit qu’il était un voleur. Il m’a demandé de retrouver une femme, Loretta, au camp des Morts-Vivants et du lui remettre un anneau qu’il m’a confié. J’ai consenti à cet effort, il avait l’air d’y tenir. De toute façon, le camp était ma prochaine destination.

Je m’y suis donc rendue et j’ai découvert une sorte d’intelligence cruelle chez les Carcasses qui y vivaient. Elles avaient dressés des chiens pour empêcher les Carcasses errantes d’entrer dans le camp. J’ai profité de cette diversion pour me faufiler dans le village, malgré les maisons bancales, cet endroit ne ressemble plus tellement à un camp. C’est une parodie d’organisation humaine, je me demande quel est l’intérêt des Carcasses là-dedans? Pourquoi font-elles cela? Ont-elles une société? Et si tout ce qu’on nous apprenait à l’armée était faux?

L’armée… j’étais dans une armée. Je me souviens d’une parade, d’une tête couronnée, un prince? Une jeune femme sautille à mes côtés en me tenant la main, son sourire lumineux éclipse presque la présence du prince. Tout se brouille, où en étais-je?

Ah oui, le camp des Carcasses. Je suis tombée sur Loretta, enfin ce qu’il en restait, elle était déjà morte. Après avoir retrouvé son corps, je suis tombée sur un attroupement de Carcasses réunies autour d’un feu. Certaines étaient à genoux, on aurait dit qu’elles lui vouaient un culte. Je ne me suis pas attardée assez longtemps pour les observer plus en détail, je me devais de rapporter la mauvaise nouvelle à Greirat. Il n’a laissé échapper qu’une pointe de tristesse et il m’a permit de garder l’anneau de Loretta, je ne sais pas encore ce que je vais en faire.

Après mon passage auprès du voleur, je suis passée vers Yoel, qui m’a annoncé qu’il avait révélé toute ma puissance cachée, il avait l’air heureux de ce fait. Je n’ai pu m’empêcher de ressentir un frisson glaçant en entendant son ton.

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Chroniques d’une Morteflamme – Entrée 5

Jeu : Dark Souls 3

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Enfin, Vordt est vaincu. Certes, le carreau d’un ennemi m’a empêché de savourer pleinement ma victoire, mais j’ai renvoyé ce fichu chien à sa niche. J’ai ensuite ouvert cette lourde porte, ma victoire contre Vordt avait fait disparaître les lianes qui la bloquaient. Elle s’est ouverte sur un vide infranchissable, le pont avait été fracassé, comment allais-je continuer?

Puis, je me suis souvenue de la bannière que m’avait donnée Emma, je l’ai brandie à bout de bras avant de me figer de terreur. Une main griffue est apparue au bord du ravin et a agrippé mon pied alors que des cris stridents retentissaient au loin. Blanches, longilignes, ailées, décharnées, trois créatures se sont approchées de moi. Deux m’ont saisie et m’ont transportée tandis que l’autre, armée d’une lance, nous escortait. Leurs doigts semblaient si fragiles que j’ai craint à plusieurs reprises qu’elles ne me laissent tomber, mon armure étant lourde à supporter. Mais je suis arrivée de l’autre côté en un seul morceau, sur une tour en ruine donnant sur un village de morts-vivants dont l’entrée était fermée par une lourde grille.

Mon regard a ensuite été attiré par un rassemblement étrange sur le morceau de pont restant, encore plus que les créatures qui m’avaient amenées ici. Ma curiosité a été la plus forte et je me suis approchée discrètement d’elles. Vêtues de haillons, le dos ployé sous le poids d’une lourde carapace blanche, elles étaient toutes mortes. J’ai entendu des pleurs et des lamentations, visiblement l’une d’entre elles était encore en vie. Je me suis approchée d’elle, enfin de lui.

Il s’appelle Yoel, c’est un pèlerin de Londor et il est venu avec les autres pèlerins pour mourir à Lothric. Il semble persuadé que la mort lui a échappé pour un autre but, il veut m’aider dans ma quête. Lors de notre rencontre, j’ai eu pitié de lui et je l’ai aidé à aller au Sanctuaire. Yoel est d’une gentillesse à toute épreuve, son aide m’est précieuse. Il connaît un peu de magie et il l’utilise pour révéler mon pouvoir caché. Je ne sais pas ce que cela signifie exactement, mais je me sens plus forte. Je pourrai revenir vers lui quand j’en ressentirai le besoin.

Même si j’ai confiance en lui, quelque chose me perturbe, mais je ne saurai l’expliquer. Peut-être son apparence incongrue ou alors je n’ai pas l’habitude d’une telle ferveur religieuse ? Non, je crois qu’il a fait une remarque qui a soulevé une vague de colère en moi, colère que je ne saurais expliquer, venant des tréfonds de ma vie avant l’Appel du feu.

« Auri, ne soyez pas effrayée par les ombres que vous dissimulez. » Voilà ce qui m’a mis en colère, mais pourquoi?

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Chroniques d’une Morteflamme – Entrée 4

Jeu : Dark Souls 3

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J’ai cessé de paniquer pour un rien, je n’ai pas d’autres choix que d’avancer de toute façon. La mort me prendra autant de fois qu’elle le voudra, je me relèverai toujours. Je ne peux pas expliquer ce qui a changé, mais je me sens plus calme face à mon destin. J’avance à ma vitesse, j’élimine des Carcasses, d’autres finissent par me tuer, je me relève, je recommence… Toujours le même cycle, mais je vais à chaque fois plus loin.

Mon avancée m’a conduite dans un piège, je me suis retrouvée face à une grande porte, bloquée par de lourdes lianes. Un froid a manqué de figer mes veines, un cri derrière moi a attiré mon attention. Une gigantesque créature engoncée dans une armure s’est dirigée vers moi, je me suis rappelée des paroles d’Emma : Vordt, le chien de garde. Il a dû être humain un temps, mais je n’ai pas eu envie de voir ce qui se trouvait sous son armure. Il voulait m’empêcher de passer et bien qu’il essaie, je sais que je finirai par le terrasser. Pour le moment, je n’ai pas réussi à le vaincre, mais je vois que je me rapproche du but à chaque combat, j’apprends à l’éviter et à le frapper.

André m’a aidée à nouveau, il a renforcé mon épée grâce à ce que j’ai pu dénicher sur le haut mur de Lothric. Il trouve aussi que quelque chose s’est allumé dans mon regard, comme une braise prête à rallumer un feu. J’ai ri pour la première fois depuis que j’ai commencé à parcourir ce monde décrépi en tant que Morteflamme.

*Je profite pour glisser un petit merci à la communauté francophone de Dark Souls 3 pour son aide et son soutien! *

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Chroniques d’une Morteflamme – Entrée 3

Jeu : Dark Souls 3

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Ai-je déserté parce que j’avais peur et que je n’étais pas une combattante aguerrie? Vu mes cris paniqués lorsque je me retrouve face à des Carcasses armées de lances ou de haches, je ne peux que croire à ma lâcheté naturelle.

Je ne suis qu’une idiote, incapable, pourquoi ai-je été choisie pour être une Morteflamme? C’était un choix stupide, si quelqu’un a fait ce choix…

Au moins, je suis arrivée au cœur d’une grande chapelle, évitant tant bien que mal ceux que l’on appelle les Chevaliers de Lothric. J’ai rencontré une prêtresse: Emma. Elle m’a dit que je ne trouverai pas les Seigneurs ici, mais que je devais aller à leur recherche. Elle m’a donné une bannière à brandir après avoir passé une lourde porte, située plus bas. Elle m’a recommandé de rester sur mes gardes, le chien du Pontife attaquait ceux qui tentaient de passer. Emma semblait croire que je devais connaître ce Pontife, je me suis contentée de lever les épaules, ce nom ne me disait rien. Evidemment, je n’ai pas pu atteindre cette porte, les Chevaliers m’attendaient en embuscade, j’ai terminé embrochée sur une épée…

De retour à Lige-Feu, j’ai remarqué qu’un des trônes en pierre était occupé. Je me suis approchée et j’ai découvert un homme ratatiné, les jambes coupées, assis sur ce trône trop grand pour sa carrure fluette. Il s’appelle Ludleth de Courland et il est le seul Seigneur des Cendres a être revenu sur son trône après l’appel du Feu. Puis je suis allée voir André, qui a su trouvé quelques mots pour me réconforter. Je repartirai à la rencontre de la mort encore une fois.

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Chroniques d’une Morteflamme – Entrée 2

Jeu : Dark Souls 3

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Trois essais, vaincre Iudex Gundyr m’aura pris trois nouveaux essais avant que je ne parvienne à l’abattre. Alors que c’était lui ou moi, dans un élan de désespoir, je suis parvenue à le faire tomber et à lui enfoncer mon épée en plein coeur. La bête qui le possédait s’est dissipée en hurlant et il a disparu. Son âme m’a envahie, mon corps s’est couvert de fissures oranges comme un feu ardent, feu qui brûlait dorénavant en moi. L’étrange épée torsadée en main, j’ai avancé.

J’ai ouvert la lourde porte de l’autre côté de l’arène et je l’ai vu au loin : le sanctuaire que je cherchais tant. Il m’a fallu me frayer un chemin au milieu d’autres Carcasses, mais j’y suis arrivée. J’ai descendu les marches et une femme vêtue de noir se trouvait en bas, faisant face à un feu qui attendait d’être ravivé en plantant l’épée que j’avais retirée du corps de Iudex Gundyr. Je me suis exécutée, rallumant le feu de Lige-Feu et le liant aux autres feux que j’avais trouvé sur mon chemin, je pouvais dorénavant voyager entre ces feux et revenir au sanctuaire.

La gardienne m’a expliqué que j’étais une Morteflamme dont le rôle était de ramener les Seigneurs des Cendres sur leurs trônes. Trônes qui surplombaient le feu du sanctuaire. Ma quête commencerait sur les murs de Lothric, un nom qui m’est familier. Avant de partir plus loin, j’ai fait un rapide tour de l’endroit. J’ai rencontré une autre Morteflamme, blasée et abattue, je n’ai pas retenu son nom, me l’a-t-il seulement dit d’ailleurs ? Un peu plus loin, une vieille marchande m’a permis de vendre les objets qui m’encombraient, je lui ai trouvé une certaine sympathie. Puis, je me suis rendue vers le forgeron André, il a été ravi de faire ma connaissance et m’a expliqué ce que je devais apporter pour améliorer mon arme. Je crois avoir entrevu d’autres personnes au sein de Lige-Feu, mais l’appel de ma quête m’a poussée à partir sur les remparts.

Les Carcasses de Lothric sont nettement plus virulentes et mieux armées que celles que j’avais rencontrées sur mon chemin. Mon avancée est lente, je suis morte quatre fois entre leurs mains et entre les griffes d’un fichu dragon qui crachait son feu sur un pont. Mais j’ai découvert deux feux, reliés au sanctuaire. Lassée de toutes ces morts, je m’y suis réfugiée.

Assise au pied d’un arbre que je tente d’escalader en vain pour aller explorer les toits du sanctuaire, je conclus cette nouvelle journée. Des fragments de souvenirs me reviennent : une parade d’une armée, des flots de Carcasses, des soldats morts autour de moi… Mais cela n’a plus d’importance, seul compte le retour des Seigneurs sur leurs trônes.

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Chroniques d’une Morteflamme – Entrée 1

Jeu : Dark Souls 3

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Je m’appelle Auri…enfin je crois. J’écris ces pages pour me rappeler le peu de souvenirs que j’ai. J’ai déserté face à des Carcasses, mais je suis morte. Comment? Je ne sais plus. Ce dont je me souviens, c’est un cimetière; là où je me suis réveillée lorsque j’ai entendu l’appel résonner. Heureusement, mon corps avait été jeté avec mon arme et mon armure, je me suis frayée une chemin pour quitter cet endroit, je devais partir.

Un feu où je me suis reposée, où ce journal vide traînait. Il me fallait noter pour ne pas devenir comme ces Carcasses. Je voyais dans mon esprit un sanctuaire, je savais que c’était là où je devais aller.

Sur mon chemin, d’autres Carcasses ont eu ma peau, je n’étais pas assez attentive, je ne les avais pas vues. Mais je me suis réveillée auprès du feu, le sanctuaire m’appelait toujours. Alors, je me suis relevée, j’ai tué ces Carcasses, senti leur âmes imprégner mon corps. Plus, toujours plus. Je ne me laissais plus piéger par l’apparente quiétude de certains ennemis.

Puis, une arène en ruine ou un autre cimetière? Difficile à dire. J’étais cependant certaine que le sanctuaire m’attendait de l’autre côté. Alors que j’avançais lentement et sur mes gardes, la grande armure prostrée au centre de l’édifice a attiré mon regard. Une épée torsadée fichée en son centre dont je ne pus m’empêcher de la retirer, je devais le faire.

L’armure a poussé un hurlement monstrueux et s’est animée, elle a saisi sa lance. Je n’ai pas eu le temps de réagir, j’ai volé sur plusieurs mètres, puis elle m’a enfoncé son arme dans le ventre. Iudex Gundyr, le juge, la dernière fulgurance que mon esprit a saisi.

A nouveau le feu, à nouveau en vie. Non… morte-vivante, pas encore une Carcasse, combien de temps vais-je tenir avant d’en devenir une? Je ne veux pas, je dois battre cette chose.

Un autre combat, une autre mort. Que dois-je faire pour passer? Le juge se transforme en une créature abyssale que je ne parviens pas à défaire. Rapides, ses coups me fauchent sans pitié. Je ne peux pas abandonner ici, je dois le battre, peu importe le temps que cela me prendra. Mon salut m’attend de l’autre côté.