Réflexions

« Ce n’est pas une matheuse »

Je pense que cette phrase fait partie de celles que j’ai le plus entendues durant ma scolarité. Depuis toute petite, j’ai eu des difficultés à me repérer dans l’espace et comme j’ai tout de suite adoré lire, les enseignants m’ont tout de suite collé cette étiquette de « littéraire qui ne touchera jamais à la science ». Forcément, quand on vous le répète depuis votre petite enfance, c’est ancré au plus profond de vous. C’est pratique, vous rentrez dans une case bien définie, les littéraires vs les scientifiques.

Sauf qu’à l’âge adulte, je me suis aperçue que j’appréciais les deux et aussi que j’avais développé une sorte de phobie des maths. La moindre vision ou mention de calcul; pouf mon esprit devient blanc et c’est la panique totale dans mon cerveau. Actuellement, je suis un cours en ligne sur les exoplanètes et les moments où on parle de lois physiques me font suer de panique. Mon cerveau me hurle « Ah des calculs, fuis, FUIS POUR SAUVER TA VIE! » Mais d’où vient cette crainte panique finalement? Jusqu’à l’âge de 10 ans, je n’avais pas d’aversion particulière pour les maths, alors pourquoi un tel blocage?

Oh la réponse est évidente finalement : A cause d’un système scolaire à la noix. Nouveau système appliqué quand j’ai eu 10 ans justement. Système qui voulait que les enfants comprennent tous seuls. Ce qui a donné une gamine pleurant sur ses devoirs de maths qu’elle ne comprenait pas, des parents désemparés de ne pas pouvoir l’aider et un enseignant désolé de ne pas pouvoir en faire plus parce que le système exigeait cela. Au lycée, j’ai suivi des appuis, mes enseignants étaient dépités de voir le résultat de mes blocages. Lorsqu’ils étaient vers moi, après un temps d’explication, j’arrivais à appliquer les théories, je comprenais. Mais dès que je me retrouvais seule devant la feuille d’examen, page blanche dans ma tête. Forcément, je ne bossais pas beaucoup, vu que peu importait ma quantité de travail, le résultat était le même, à quoi bon se casser la tête ? Et vu ma propension à me braquer quand quelque chose ne me plaît pas, cela ne pouvait que donner des résultats catastrophiques.

Je ne serais sans doute jamais devenue une grande mathématicienne, soyons lucides. Mais je suis certaine que je ne me serais pas retrouvée à paniquer à la moindre vue d’un calcul si le système n’avait pas été aussi pourri.

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